L'Eglise romane du village de Mours-St-Eusèbe accueille une collection exceptionnelle de quelque 25.000 objets, du XIVe au XXe siècle, de la vie religieuse et profane, sauvés de la destruction ou de l'oubli par le Père Des Cilleuls.
Rassemblés depuis plus de cinquante ans, les plus modestes objets de la piété populaire aux plus somptueux objets de culte témoignent tous de la même foi, du même amour du métier qui anima leurs créateurs, artistes, artisans, religieux ou civils...

          Statues, autels et retables, tableaux, livres, orfèvrerie, reliquaires, ex-voto, vêtements aux soieries et broderies raffinées…, sont exposés dans le chœur, la sacristie et les chapelles.
Cette collection diocésaine, qui a obtenu la reconnaissance de la Direction des Musées de France, est inestimable : elle donne un aperçu sur l'étendue du domaine religieux, ses fonctions, les règles auxquelles il obéit, la vie qu'il met en place, les échanges entre espace sacré et espace profane.

          L'évolution du XXe siècle a engendré une perte de la connaissance des images et de leur symbolique, images qui font indéniablement partie de notre patrimoine et que les objets de Mours nous aident à découvrir. Avant de bénéficier d'un local spécifique, les collections sont encore pour quelque temps présentées dans l'église paroissiale lors d'expositions à thème, avec des visites commentées.


La Vierge au mouchoir, 17ème siècle L'ART SACRÉ :

          L'Art Sacré ne porte pas en lui-même sa propre raison d'être, mais se place tout entier au service de la Vie divine manifestée au cœur de l'homme. De celui-ci, il affirme la dimension essentiellement religieuse, source même du développement de l'art et de la civilisation, qu'une certaine modernité nous a fait perdre de vue.

          L'Art Sacré témoigne de la capacité de l'homme à adorer, à se placer comme créature, dans la main et sous le regard de Dieu. Ses productions, issues du meilleur de l'art et des techniques, nous disent la générosité du Créateur, la gloire de Dieu et la fécondité de l'homme créé à son image.
Et c'est dans le Christ, " image visible du Dieu invisible ", matrice originelle de toutes nos images sacrées, que l'homme retrouve la plénitude de sa dignité.

Saint Jean, 17ème siècle           Aussi l'Art Sacré est-il inséparable de l'acte de foi. Il donne forme à la prière, jalonne l'essor de la vie spirituelle, offre ses voies tangibles sur le chemin de la contemplation de l'invisible. Sa richesse est à la mesure de l'œuvre accomplie par les artisans et les artistes pour façonner ce que chaque individu, chaque communauté, chaque époque a voulu exprimer de sa foi.
En ce sens il est liturgique, c'est-à-dire signe donné au monde pour entrer dans le Mystère de Dieu.

          Les objets d'Art Sacré sont des témoins porteurs d'un message fondamental : ils ont servi à louer Dieu, à célébrer sa Rencontre, à rendre visible le sens ultime de la destinée humaine.

          C'est la conservation de cette valeur en péril de l'art religieux qui constitue la mission du Musée Diocésain de Mours, valeur " sacrée " qui donne son sens ultime au désir lancinant de l'homme d'inscrire dans la matière sa quête d'une beauté Véritable, toute tournée vers Dieu.


LE VILLAGE :

          Situé à deux kilomètres au nord de Romans, Mours est accessible par la route départementale 538, vieille route dite " des dauphins " dont l'usage remonte à la plus haute antiquité, reliant Vienne à Marseille. Du village émerge le vieux clocher, à l'aspect un peu trapu, différent des clochers des alentours.

          Le site est bâti au pied de collines molassiques, bordant la vallée de l'Isère. Le mot MOURS contient l'idée de marais, autrefois présents, quand le torrent capricieux de la Savasse, roulait ses eaux de PEYRINS jusqu'à jacquemart et l'Isère, à ROMANS.

          La légende nous dit que la colline de Saint-Eusèbe fut le rendez-vous des sorciers... Elle a révélé des traces d'un culte païen, puis d'un premier culte chrétien avec une chapelle dédiée à Saint-Eusèbe.

          La commune, fille de celle de PEYRINS, est née en 1880. Elle s'enorgueillit de la tour de Chaleyre (séjour de Louis XI) et d'un cimetière datant de 4 500 ans avant Jésus-Christ.

          Autour de son Eglise, l'agglomérations s'est beaucoup développée ces dernières années, offrant à une population laborieuse des sites remarquables et la chaleur d'une communauté villageoise.


L'EGLISE :

L'église de Mours-Saint-Eusèbe           L'église de MOURS est mentionnée pour la première fois dans un texte en 1097 (Cartulaire de Saint-Barnard aux Archives départementales).
Elle se trouvait au centre de la " villa Arratica ", qui fut vraisemblablement un domaine gallo-romain.
Donnée comme église paroissiale au XIVe siècle, Notre-Dame de MOURS faisait partie du diocèse de VIENNE. Le chapitre de Saint-Barnard de Romans y percevait la dîme.
De l'édifice élevé au XIe siècle, il ne reste que la tour et le mur méridional.
Cette partie romane fait d'emblée appel à notre capacité de comprendre la valeur symbolique de l'Art Sacré, destiné à servir le spirituel avant l'esthétique.

          Le clocher, dont le porche est classé monument historique, comporte à l'intérieur une élégante arcature, composée de huit colonnettes recevant la retombée de huit petits arcs en plein cintre. Elle est éclairée par une seule fenêtre orientale.
La transition du plan rectangulaire de la travée à l'octogone de la base de la coupole se fait par un procédé très peu répandu, qui mérite d'être remarqué, là où nous sommes habitués à trouver des trompes.
Ce procédé comprend huit colonnettes qui cantonnent deux par deux les pilastres d'angle, et portent quatre linteaux posés de biais en encorbellement, en formant de petits tympans pour les arcs des angles.
Ces procédés architecturaux témoignent d'une influence du Velay, le long de l'ancienne voie de passage du centre de la Gaule à l'Italie.

          Cette partie romane fut en 1840 intégrée dans la construction d'une église plus grande, qui s'est faite, selon le cahier des charges, avec les pierres de démolition, dans un style néoclassique sobre et élégant.
Cette église, très pratiquée comme lieu de culte, renferme de nombreux témoins de la piété populaire. La sacristie et deux chapelles accueillent les expositions, périodiquement renouvelées.

          Devant la petite porte romane une " pierre à cupules " descendue du coteau, témoigne d'un culte païen.





Le Musée d'Art Sacré - Mours-saint-Eusèbe